Lucien Ruffier, dit Tchièn a appris toutes ses histoires à l'âge de 10-11 ans auprès de son grand-oncle aveugle, Basile, décédé en 1949. Après les avoir "oubliées" durant une longue partie de sa vie, elles sont revenues tardivement à sa mémoire, stimulées par les demandes d'un collecteur et par les gens du village, désireux de voir renaître cette parole conteuse. Ce formidable raconteur d'histoires, à la mémoire colossale et à l'important répertoire, raconte encore aujourd'hui pour le plaisir. Conter, c'est aussi pour lui un moyen de faire surgir la présence de son oncle défunt ( sa voix, ses gestes, sa façon si particulière de dire...), de partager un moment avec lui et de lui rendre hommage. Lucien est aussi chanteur, artisan et peintre autodidacte. Il a exercé toute sa vie le métier de fromager.
Ce conte fait partie de la série bien attestée des contes énumératifs avec énumération récapitulative. L'on peut en cela lui reconnaître deux dimensions essentielles. La qualité constitue, dans la tradition ancienne, préscolaire, comme ordonnancement du monde, qui indique des possibilités de re-liaison avec des entre les éléments. Le monde d'est pas un chaos informel puisqu’on le peut y cheminer logiquement, selon une chaîne, d'un espace à l'autre selon les fonctions attribuées à chaque protagoniste. Le conte constitue par ailleurs un exploit de diction, lorsque la chaîne énumérative s'allonge avec le développement du scénario.
Quoique d'attestation sporadique, ce conte était aussi connu en Cevénnes, Nivernais et diverses autres régions y compris plus lointaines, étant souvent adapté aux réalités locales.
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