[Chanson] Pingacho, interprétée par Manuel Mendes et la chorale Cantares da Terra

Commentaire :

Manuel découvre le « Pingacho », lors d’un séjour au nord-est du Portugal à Bragança, région de Trás-os-Montes. Il semblerait que sur hauts plateaux de la barrière montagneuse de ce territoire, certaines coutumes et traditions de la société agro-pastoral qui y vit aient survécus au passage du temps. En hiver comme en été, le métier de berger est solitaire, vivant à l’écart du village qui lui a confié la garde du troupeau. On dit alors qu'il n’y pas de cornemuseur qui ne soit berger, devenant des figures essentielles de la vie festive et du divertissement de leur communauté. Le son enjoué de leur cornemuse « gaita de foles » anime les bals et fêtes villageoises, guidant les danses traditionnelles de tel que le pingacho, galandum ou de passeado. La danse du pingacho, accompagné d'un cœur, serait relié à d'archaïque rites de fertilité; mélodie anciennes et rares dans le répertoire du peu de cornemuseurs de talents toujours en activité.

Dans cette version revisitée, le morceau est chanté à trois voix par les membres de la chorale Cantares da Terra, accompagnée à la cornemuse par Manuel Mendes, au « bombo » tambour d'origine andine de Christian Custodio et à la guitare folk par Auguste Araujo.
À noter que la cornemuse utilisée par Manuel pour introduire et clôturer ce morceau traditionnel n'est pas la fameuse « gaita de foles » propre à la région du Trás-os-Montes, mais bien la « gaita galicienne », cornemuse espagnole que l'on retrouve dans les régions du Minho et des Beiras au Portugal. De plus, la guitare portugaise, principalement utilisée par les solistes de fado, est de faite absente de ce morceau et remplacée par la guitare folk d'Auguste; s'éloignant ainsi d'une image authentique et d'une tradition de territoire cristallisée.

Originaire du village de Carvalheira au Nord du Portugal, Manuel s'installe à Saint-Étienne avec sa mère et ses deux frères en 1971, à la fin du régime conservateur de Salazar. Les années 1960-1974 sont marquées par la venue de 900 000 Portugais en France, représentant ainsi la population étrangère la plus importante de l'hexagone.

À l'âge de neuf ans, lorsque Manuel reçoit un petit accordéon en carton, la musique s'invite définitivement dans sa vie, lui permettant de renouer avec ses origines. Aujourd'hui, Manuel enseigne la musique au collège comme il en rêvait depuis tout petit. De plus, il est un membre très actif de l'Association Culturelle Portugaise de Saint-Étienne fondée en 1979, pour laquelle il mène de nombreux projets autour de la diffusion de la musique portugaise. Ainsi depuis 1988, il dirige une chorale d'une trentaine de personnes : Cantares da Terra, dont le répertoire se compose de chansons traditionnelles provenant de toutes le Portugal.

L'hybridation des genres musicaux et cultures proposée par Manuel Mendes, par delà les frontières, est incarnée par l'usage d'instruments n'appartenant pas tous à l'instrumentalisation traditionnel, utilisés pour jouer le pingacho dans le Trás-os-Montes.

Cette collecte sonore a été réalisée par Mélaine Lefront et Mathilde Piper, le 10 février 2015, au studio d'enregistrement éphémère mis en place par l'association Carton Plein en plein cœur du quartier Jacquard, dans le cadre du projet Comment sonne la ville ? Musiques migrantes de Saint-Étienne (2014-2017).


Paroles

Por beilar l pingacho, dórun-m'un rial
Por beilar l pingacho, dórun-m'un rial

beila-lo,
beila-lo picorcito
beila-lo,
que te quiero un pouquito
beila-lo,
beila-lo de lhado
de l outro ancostado
i de delantreira
tamien de traseira
ora si que te quiero morena
ora si que te quiero salada

Por beilar l pingacho, dórun-me dieç reis
beila-se de quatro i tamien de seis

Date enregistrement-création :
10 février 2015
Titre d'oeuvre chant-musique-conte :
Pingacho
Responsabilité - Intervenant :
Informateur : Mendes, Manuel
Enquêtrices : Lefront, Mélaine ; Piper, Mathilde
Lieu enregistrement-création :
Quartier Jacquard, Saint-Etienne
Langue :
Portugais
Danse :
Pingacho
Instrument :
Morceau chanté à trois voix, accompagnée à la cornemuse gaita galicienne, au « bombo » tambour d'origine andine utilisé par les groupes folkloriques portugais, et à la guitare folk
Collection :
Comment sonne la ville, musiques migrantes de Saint-Etienne

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