Une chanson anonyme en patois de Mornant (XIXe siècle), publiée dans Textes littéraires en patois lyonnais, par S. Escoffier et A.M. Vurpas, Editions du CNRS.
La musique est adaptée de la chanson traditionnelle « Je m’en allais au bois », de Haute-Normandie (Claude Longre).
Paroles :
Al est, al est passô, çu vilain tian de brima,
Lo printian est venu, lo mondo se fa biau,
Lo solai va craissant chôque jor à la prima,
Plantons, plantons lo mai, vèquia lo renoviau.
Les aigue dejallè coront pa la prôria,
Dins lo bouisson fluri chantonne lo coucou,
La natura partot se montre rajunia ;
Din lo bouis o y intin chantô lo rossignou.
Lo champs qu’equiant muets ont reprai lou parola ;
Tot chante à l’unisson, la cigola et l’isiau,
So la tioula nichia, la volagi randolla,
L’aluetta din l’air, din son trou lo moniau.
Lo merlo siffle illo, et din la grand bruyiri,
Dija l’avigli mode à la quaite dou mier ;
O dirit que din l’air, saiquna grand preyiri
S’élève de la terra et remontaise ou cier.
Un doux vint foillaret fa jarmo la verdura ;
Son sofflo anime tot, lo mondo se fa biau ;
A l’homo de chantô l’hymno de la natura,
Chantons, chantons lo mai, vaiquia lo renoviau.
Traduction :
Il est, il est passé, ce vilain temps de brume,
Le printemps est venu, le monde se fait beau,
Le soleil va croissant chaque jour à l’aube,
Plantons, plantons le mai , voici le renouveau.
Les eaux dégelées courent par la prairie,
Dans le buisson fleuri chantonne le coucou,
La nature partout se montre rajeunie ;
Dans le bois on entend chanter le rossignol.
Les champs qui étaient muets ont repris leur langage ;
Tout chante à l’unisson, la cigale et l’oiseau,
Sous la tuile nichée, la volage hirondelle,
L’alouette dans l’air, dans son trou le moineau.
Le merle siffle là, et dans la grande bruyère,
Déjà l’abeille s’en va à la quête du miel ;
On dirait que dans l’air, quelque grande prière
S’élève de la terre et remonte au ciel.
Un doux vent feuillaret fait germer la verdure ;
Son souffle anime tout, le monde se fait beau ;
À l’homme de chanter l’hymne de la nature,
Chantons, chantons le mai, voici le renouveau.


