En 1971, après des études de sociologie et 3 années d'enseignement primaire, Christian Oller découvre le "folk français" lors d'un concert des pionniers du folk-club Le Bourdon, créé à Paris. C'est un choc émotionnel et visuel, lié à cette époque de libération et d'expressions spontanées. C'est aussi la saison frénétique des premiers festivals. Il se rend à Malataverne (Drôme) et y voit Jean Blanchard qui sera le foncdateur du folk-club La Chanterelle à Lyon : c'est là qu'il commence à pratiquer le violon. Il optera ensuite pour une carrière de musicien.

Puis c'est au sein du groupe le Grand Rouge (Olivier Durif, Pierre Imbert, Eric Montbel, Christian Oller ) que débutent en 1975 plusieurs années d'intenses et systématiques collectes en Auvergne et Limousin. Elles donneront lieu à de nombreuses publications au sein de l 'association des musiciens routiniers (voir la liste de références ici).

En  1980  il entreprend des enquêtes  sur les chanteurs du Haut-Vivrais et du plateau ardéchois. Ces enquêtes ont abouti en 1985 à la publication d'un 33 tours "Apprends moi ton langage » réédité depuis en CD, co-réalisé avec Dominique Laperche, Aline Sévilla, Sylvette Beraud-Williams et Christian Oller.

Par la suite, il rend volontiers visite à tous ces chanteuses et chanteurs, accompagné parfois de Patrice Lejeune, avec qui des relations durables et amicales s'établissent. Mais ce n'est qu'en 2012 qu'une autre campagne de collecte débutera autour de deux duos : Patrice Mazellier et Anette Gränicher, et Jacques Julien  et Christian Oller.

Ces enquêtes seront suivies en 2015 de la publication du CD-DVD " Mémoires du plateau ardéchois " produit par la Fédération des Ateliers de Musiques et de Danse Traditionnelles de l'Ardèche (FAMDTA).

Témoignage de Christian Oller

En 1980, j'écoute par hasard sur FR3 un couplet d'une chanson de Mme Farre. Sans la connaître et quand bien même je n'en aurais entendu qu'une seule phrase, je savais déjà à qui j'allais m adresser. Le déclic s'est de suite produit tant cela m'a renvoyé à des chanteuses visitées en Corrèze ou Forez.  

 Je me suis de suite demandé s'il y avait d autres chanteuses dans son village, si elle était reconnue comme telle,  quelle était l'étendue de son répertoire, s'il y avait des instrumentistes sur le canton, etc. Toutes questions et démarches que l'on avait déjà éprouvées avec les violoneux  et chanteurs d Auvergne et Corrèze.

J'étais donc chez elle deux semaines plus tard et s'est enclenché ce processus d'enquête de terrain. Plusieurs chanteuses et chanteurs dans les environs de St Symphorien de Mahun me laissent de suite présager que l'originalité du nord-Vivarais  se trouvait chez ces chanteuses et chanteurs, et que la priorité de mes enquêtes serait donc autour du chant.

Bien sûr on a affaire à la chanson populaire dont on retrouve tous les thèmes développés dans plusieurs régions mais on goute le phrasé, les variations personnelles mélodiques ou rythmiques, la présence ou l’absence d’ornementation, émotion forte dont la partition des recueils, même si elle est utile, ne peut rendre compte. 

C'est donc cela que l'on a recherché, ces individualités, ces femmes, ces hommes qui à travers ces chants nous ont livré, et dit une partie importante de leur vie.

En 2012 de nouvelles enquêtes débutent en duo avec Jacques Julien, qui nous montrent qu’on peut encore trouver des interprètes. La  recherche prend aussi d'autres formes : on filme des témoignages ou récits, on compulse des archives familiales, où figurent  parfois des cahiers de chansons ou des cassettes audio, comme celle qui nous a été prêtée par la famille Gineys

Je déposerai au CMTRA l'essentiel de ce fonds d'une vingtaine d’heures de chansons et en publierai les meilleurs extraits dans un prochain CD en 2021.